Nouvelles acquisitions du Musée des Beaux-Arts d’Orléans

Julie Demarle

12/6/19 - Acquisitions - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Fidèle à son active politique d’acquisitions, le Musée des Beaux-Arts d’Orléans s’enrichit de nouveaux dessins, peinture et sculpture. Nous évoquerons d’abord les dons puis les achats.


1. Alfred Johannot (1800-1837)
Entrée de la Grande Mademoiselle à Orléans, 1832
Huile sur toile - 27,5 x 22,3 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Orléans, Musée des Beaux-Arts
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Une petite toile d’Alfred Johannot (ill. 1) a été offerte au musée par le collectionneur Brooks Beaulieu. Elle est l’esquisse préparatoire au tableau de grand format L’Entrée de la Grande Mademoiselle à Orléans - exposé au Salon de 1833 - déjà conservé par le musée. Elle représente Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, nièce de Louis XIII, tentant - en vain -, au moment de la Fronde, de convaincre les édiles orléanais de s’opposer au passage des troupes du vicomte de Turenne rival de son cousin le Prince de Condé. Si l’étude est synthétique, une grande attention est portée aux couleurs. Dans un parfait état de conservation, l’esquisse sera présentée dans les nouvelles salles XIXe actuellement en travaux. Grand illustrateur et lithographe, peintre remarquable, Alfred Johannot est peu représenté dans les collections françaises. Citons trois autres grands formats, les deux peintures de bataille de Versailles - la Bataille de Rozebecke et la Bataille de Bratelen - et le portrait d’Henri II, roi de France, Catherine de Médicis et leurs enfants conservé au Louvre.


2. Marguerite Thérèse Leprince (1743-1814)
Portrait de femme, vers 1767
Pastel sur papier marouflé sur toile - 40 x 33 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Orléans, Musée des Beaux-Arts
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Un pastel de l’artiste orléanaise Marguerite Thérèse Leprince (ill. 2) a été offert au musée par la Société des amis des musées d’Orléans. Elle est l’épouse de Jean-Baptiste Delaperche et la mère du pastelliste et miniaturiste Jean-Marie Delaperche dont le Musée des Beaux-Arts d’Orléans a acquis quatre-vingt neuf dessins en 2017 (voir l’article du 19 octobre 2017) et auquel il consacrera une exposition fin 2019-début 2020. C’est en préparant cette dernière, que le musée a identifié l’œuvre. Annotée au dos « Fait par Thereze Leprince Orleans ce 17 aoust 176[7] », elle est la première œuvre attribuée à cette artiste jusqu’alors uniquement connue par les sources [1]. Elle fut moins retenue pour sa modeste qualité - illustrée par le rapport disproportionné du visage, du cou et du buste - que pour cette primauté et la possibilité de déceler son influence sur le style de son fils.


3. Bernard Vaillant (1632-1698)
Portrait de femme, deuxième moitié du XVIIe siècle
Pastel - 37,5 x 29,5 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Orléans, Musée des Beaux-Arts
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Un autre portrait de femme au pastel (ill. 3) a été acheté auprès de la galerie Franck Baulme. Il avait été présenté dans le cadre de la semaine parisienne du dessin qui accompagnait le Salon du Dessin fin mars. Ce portrait raffiné est représentatif de l’œuvre du pastelliste néerlandais du Siècle d’Or Bernard Vaillant dont plusieurs feuilles au format identique sont au Rijksmuseum d’Amsterdam. Concernant les collections publiques françaises, seul le musée Condé de Chantilly semble déjà conserver un de ses portraits - cette fois masculin - au pastel. Premier pastel du XVIIe siècle a rejoindre les collections d’Orléans, il vient compléter un imposant fonds de pastels des XVIIIe et XIXe siècles. Il pourrait rejoindre les deux cabinets de pastels du XVIIIe siècle récemment inaugurés afin d’introduire les portraits du Siècle des Lumières. Le cabinet pour les pastels du XIXe siècle est, lui, en cour d’aménagement.


4. Charles Malfray (1887-1940)
Projet de monument aux enfants morts, vers 1920
Plâtre sur structure métallique - 36 cm de haut
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Orléans, Musée des Beaux-Arts
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Le musée a acheté auprès de la Galerie Chaptal une esquisse en plâtre de Charles Malfray (ill. 4) pour un Monument aux enfants morts demeuré à l’état de projet. Elle vient compléter l’important fonds dédié à ce sculpteur orléanais, élève de Bourdelle, constitué d’esquisses monumentales pour d’autres monuments aux morts - ceux d’Orléans et de Pithiviers - et de bronzes et de plâtres d’édition. Cette étude est inédite dans le corpus de l’artiste mais son authenticité a été confirmée par Ève Turbat, spécialiste de l’artiste, qui le date du tournant des années 1920. Les œuvres de Malfray furent à l’honneur dans la très temporaire exposition Et in arcadia, fragments de collection de mars dernier (voir l’article du 12 mars 2019) puis ont été partiellement redéployées dans les salles du musée. Le réaménagement des salles du XXe siècle, prévu pour 2021, lui dédiera un espace.


5. Felice Giani (1758-1823)
Projet de plafond de style pompéien, vers 1790
Aquarelle - 20,3 x 35,6 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Orléans, Musée des Beaux-Arts
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De nouveau auprès de la Galerie Chaptal, le musée a acheté un projet de plafond de style pompéien par Felice Giani (ill. 5) présenté sur le Salon livres rares et objets d’art en avril dernier. Cette aquarelle datée des alentours de 1790 rejoint deux autres esquisses de Felice Giani dans les collections d’art graphiques du musée, Apollon confiant son char à Phaeton et La Providence divine, la Justice et l’Abondance, toutes deux destinées au palais de Faenza. A leur différence, elle ne propose pas un décor sur fond de nuages mais un décor à compartiments. Autour d’un compartiment central orné d’une scène à l’antique se déploient des compartiments décoratifs ou ornés de victoires ou de putti. Le musée précise que les Victoires peuvent être rapprochées des esquisses pour le plafond de la salle de réception du Palazzo del Quirinale dont plusieurs sont conservées au Cooper Hewitt Museum. Ce projet de plafond vient en outre enrichir l’important fonds orléanais de dessins d’architecture français et italiens du XVIIIe siècle.

Enfin, ajoutons que le relief de Jacques Zwobada offert par la Société des amis du musée (voir la brève du 7/1/19) sort de son temporaire dépôt pour rejoindre officiellement les collections du musée, après l’avis positif de la commission d’acquisition.

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