Le Château de Versailles achète un portrait de Louis XVII

Atelier d’Elisabeth Vigée-Lebrun (1755 - 1842)
Le futur Louis XVII et son chien Moufflet
Vers 1789
Huile sur toile, 60,5 x 50 cm
Château de Versailles
Photo : Pierre Brost
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13/6/19 - Acquisition - Versailles, Musée national du château - Louis-Charles de France, second fils de Louis XVI et Marie-Antoinette, fut proclamé dauphin à l’âge de 4 ans suite à la mort prématurée de son frère aîné. Emprisonné au Temple, il devint Louis XVII après l’exécution de son père en 1793, mais ne survécut pas longtemps à ses parents et fut emporté par la tuberculose et les mauvais traitements dès 1795 à l’âge de 10 ans. Les représentations du dauphin sont assez rares, les destructions iconoclastes révolutionnaires ayant largement touché les figures de la famille royale.

Le tableau acquis par le Château de Versailles auprès de Pierre Brost fut peint dans l’atelier d’Élisabeth Vigée-Lebrun et reprend l’œuvre originale exposée au Salon de 1789 et détruite en 1794 lors de l’incendie du château de Saint-Cloud. Il appartenait à la collection d’Alain Bancel dont l’ensemble de souvenirs de Louis XVII - costumes, miniatures, sculptures... - fut dispersé après sa mort, lors d’une vente à l’hôtel Drouot organisée par Piasa le 21 mai 2003, au cours de laquelle aucun musée n’avait été acheteur. Le musée conservait déjà dans ses collections plusieurs gravures et médailles représentant Louis XVII, ainsi que deux bustes en marbre, mais pas de peinture.

Cette récente acquisition, unique témoignage connu de la composition de Vigée-Lebrun [1], vient donc compléter et enrichir cet ensemble. Il rejoint également une autre toile de la même artiste, représentant Marie-Antoinette, reine de France, et ses trois enfants datant de 1787.
On y voit la figure touchante d’un petit garçon au regard franc, sagement assis contre un cep de vigne et tenant un grappe de raisin. Il presse contre lui le chien de son frère, Moufflet, qui lui a été offert en même temps qu’il devenait dauphin. Outre l’art de peindre « au naturel » caractéristique des portraits de Vigée-Lebrun, on peut voir ici l’expression des qualités attendues du futur monarque. La vigne, arbre de vie dans la Bible, ne croît que grâce aux bons soins du vigneron, elle est symbole d’évolution et de dépassement de soi, le vin se changeant en sang du Christ ; le chien lui, est symbole de fidélité. Le paysage derrière les deux compagnons est dégagé : un avenir florissant semble ainsi promis au jeune Louis-Charles, et rien ne laisse encore supposer son destin tragique.

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