Le panneau du Maître de Vyšší Brod acquis par le Metropolitan Museum

30/11/19 - Acquisition - New York, The Metropolitan Museum of Art - Le Metropolitan Museum avait de l’argent en réserve : souhaitant acquérir le Cimabue, il avait été battu par la collection Alana (voir la brève du 27/10/19), Álvaro Saieh ayant démissionné quelques jours plus tôt du conseil d’administration du Metropolitan Museum pour reprendre sa liberté et emporter l’œuvre, ce qui n’avait d’ailleurs pas plu au musée new yorkais.


Maître de Vyšší Brod (Bohème, vers 1350)
La Vierge et l’enfant en trône
Tempera sur panneau - 22 x 20 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : Cortot & Associés
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Celui-ci s’est donc rattrapé, comme l’a écrit le Cabinet Turquin sur Instagram, en achetant aujourd’hui pour 5 millions d’euros sans les frais (6,2 avec les frais) le panneau du Maître de Vyšší Brod que vendait Cortot & Associés sur une estimation dont on pouvait se douter qu’elle serait pulvérisée de 400 000 à 600 000 € (voir la brève du 23/9/19).

L’œuvre est belle et importante. Le nombre de tableaux connus de cet artiste anonyme, travaillant en Bohème vers 1350, est extrêmement réduit (une dizaine seulement). Le Metropolitan Museum, toujours très actif sur le plan des acquisitions, a fait une fois de plus un bel achat. Il faudra donc désormais se rendre à New York pour voir cette peinture qui, elle aussi, comme beaucoup des objets récemment vendus en France ou qui vont être mis aux enchères, aurait dû se voir refuser son certificat d’exportation, le temps pour les collections publiques de réunir l’argent nécessaire. Précision (30/11/19, 21 h 51) : le tableau, en réalité, n’a pas obtenu son certificat d’exportation : comme pour le Cimabue, la vente a eu lieu avant le délai qu’avait le ministère de la Culture pour le refuser ; il est donc encore possible - même si cela est peu probable - que le certificat soit refusé, auquel cas le tableau devrait être acquis au prix international, soit celui d’adjudication. Si l’on doit se réjouir de quelques réussites (dont les acquisitions de pièces de la duchesse de Modène par le Louvre - voir la brève du 28/11/19), le nombre d’œuvres majeures quittant le territoire national est tel qu’il faut absolument se poser la question de l’efficience du système actuel et, surtout, des personnes qui en sont en charge.

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