Balade hivernale dans le Paris enchanté d’Anne Hidalgo (1)

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Lors de l’été 2018, nous avions consacré trois articles à des balades dans Paris tel que la municipalité d’Anne Hidalgo l’a transformé. Un an et demi après, et alors que la maire semble favorite dans les sondages, pas moins d’un quart des Parisiens étant près à voter pour elle au premier tour, nous entamons une nouvelle série qui montre l’état dans lequel se trouve cette ville qui fut naguère la plus belle ville du monde. Paris est une œuvre d’art, Paris est un élément essentiel du patrimoine artistique mondial. Il est donc normal que nous nous attachions également à dénoncer le vandalisme qu’elle subit, même si cela oblige à publier des photos bien loin des œuvres que nous mettons en ligne habituellement. Paris est une œuvre d’art menacée, mais beaucoup semblent s’en accommoder. Nous ne l’accepterons jamais. Imaginons l’état de la ville dans six ans, si par malheur elle était réélue...

Nous commencerons sur les Grands Boulevards. Qu’y a-t-il qui fasse plus rêver que les Grands Boulevards ? Quoi de plus délicieusement parisien ? Ce cœur du Paris du XIXe siècle, célébré par Marcel Carné, ne ressemble plus à rien. Ce qui est certain, c’est que Montand ne pourrait plus chanter qu’il fait bon y flâner. La preuve en images, sur un tout petit secteur, celui compris entre la Porte Saint-Denis et le Grand Rex, soit le boulevard de Bonne-Nouvelle. Nous sommes d’abord parti sur le trottoir nord, puis nous avons traversé et sommes retourné sur nos pas, sur le trottoir sud. Il ne s’agit donc ici - et nous ne sommes pas exhaustif - que d’à peine 350 mètres de voirie parisienne. Y’a tant de choses, tant de choses à voir... Ajoutons que nous avons fait ces photographies aujourd’hui 11 janvier entre 13 h 30 et 14 h. Alors qu’autrefois le ramassage des ordures avait lieu tôt le matin, aujourd’hui, dans ce quartier de Paris, il a lieu en fin d’après-midi. Résultat, à tout cela, on doit ajouter toutes les poubelles des immeubles qui restent dans la rue une partie de la journée.

La mairie aime bien accuser tout le monde, sauf elle. Dans un débat télévisé récent, Emmanuel Grégoire (le premier adjoint) mettait en cause les migrants pour expliquer la situation du nord-est parisien. Il y a assez peu de migrants sur les Grands Boulevards. Anne Hidalgo aime bien accuser les touristes ou les Parisiens. Des touristes en cette partie de l’année, il n’y en a guère sur les Grands Boulevards (et qu’y feraient-ils d’ailleurs tant ces lieux sont désormais dépourvus de charme). Ce doit donc être la faute des Parisiens, ou du gouvernement, ou des extra-terrestres. Mais certainement pas celle de la Mairie, bien sûr.


1. L’Arc Saint-Denis, monument historique édifié sous Louis XIV
a été restauré il y a quelques années...
Photo : Didier Rykner
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2. Des travaux de voirie ont dû être exécutés devant cette façade. Comme presque partout dans Paris, la réfection définitive du trottoir attend des mois, voire des années.
Le règlement de voirie de la Ville de Paris (article 8.4) prévoit pourtant un délai maximum de 30 jours ouvrés pour réaliser ce revêtement. La Ville peut même faire des travaux d’office, aux frais de l’intervenant...
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3. Un nombre considérable de supports d’affichage et de publicité sont installés ainsi, sans que le trottoir ait été refait. Comme nous le disions plus haut : c’est obligatoire dans les 30 jours ouvrés...
Photo : Didier Rykner
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4. On ne sait ce que sont ces travaux, où personne ne travaille. Dans tout Paris, il y a ainsi des chantiers abandonnés ou quasi-abandonnés.
Photo : Didier Rykner
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5. Exemple d’implantation publicitaire faite n’importe comment.
C’est général, dans tout Paris, avec les nouveaux panneaux qui viennent d’être installés.
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6. Même problème que pour les illustrations 3 et 5.
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7. Un peu partout, des bouts de trottoir manquent, sans qu’on sache pourquoi.
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8. Même lorsque les anciennes grilles subsistent (ce qu’on aimerait voir plus souvent),
rien n’est entretenu : ici les grilles sont à moitié descellées.
Photo : Didier Rykner
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9. Est-ce un chantier abandonné ? Une installation d’art contemporain ? Une décharge ?
On ne sait pas bien.
Photo : Didier Rykner
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10. Design médiocre (mais c’est pourtant sans doute le moins laid de tous les nouveaux
mobiliers urbains de la ville), emplacement absurde, tags, affichage sauvage...
Trois bancs sortis d’on ne sait où.
Photo : Didier Rykner
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11. Nous ne savons pas exactement à quoi correspond cette entrée souterraine condamnée. Mais elle pourrait être mise en valeur. Elle est au contraire taguée, en partie rouillée...
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12. Un peu partout des déchets jonchent le trottoir. Ce n’est qu’un exemple.
Photo : Didier Rykner
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13. Ce réceptacle pour le recyclage des vêtements a un design sobre et pas
trop intrusif (il n’est pas beau non plus, il ne faut pas rêver). En lui-même
il ne poserait pas trop de problèmes. Sauf que comme tous les autres éléments
de mobilier urbain, il est recouvert d’affiches, et tagué...
Photo : Didier Rykner
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14. Un panneau d’affichage pour les associations, qui sert en réalité à l’affichage sauvage.
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15. Panneau d’affichage qui ne ressemble à rien, tagué et victime d’affichage sauvage.
Photo : Didier Rykner
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16. Voir la légende de l’illustration 3.
Photo : Didier Rykner
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17. Même le joli mobilier urbain en fonte sur des modèles anciens sont tagués et support de l’affichage sauvage, sans que jamais ils ne soient nettoyés.
Photo : Didier Rykner
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18. Même les bancs anciens - il en subsiste encore, heureusement - sont tagués et victimes de l’affichage sauvage sans jamais être nettoyés.
Photo : Didier Rykner
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19. Voir la légende précédente. Beaucoup de ces bancs, qui n’ont pas été entretenus ni repeints depuis très longtemps, se détériorent fortement (voir l’illustration 23).
Photo : Didier Rykner
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20. Voir la légende de l’illustration 17.
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21. On trouve un peu partout des déchets qui peuvent rester des jours
ou des semaines sur le trottoir. Encore un exemple ici.
Photo : Didier Rykner
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22. Nous ne donnerons ici que quelques exemples : les poubelles ne sont pas vidées régulièrement. Pleines, elles peuvent rester ainsi plusieurs jours, en espérant qu’elles ne soient pas percées et qu’elles ne se répandent pas sur la chaussée.
Photo : Didier Rykner
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23. Ce banc est particulièrement abimé. Jamais restauré, jamais nettoyé, jamais repeint. On se demande qui peut avoir envie de s’y asseoir.
Photo : Didier Rykner
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24. Même les arbres sont tagués...
Photo : Didier Rykner
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25. Sont-ce des champignons ? Eh bien non : il semble qu’il s’agisse d’une nouvelle espèce de mobilier urbain. Ce qui est certain, c’est qu’elle est vénéneuse.
Photo : Didier Rykner
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26. Les transformateurs sont, comme le reste du mobilier urbain, tagués et victimes de l’affichage sauvage - voir aussi l’illustration 35. Celui-ci a été forcé, et on peut voir de près les fils électriques. Cela ne semble déranger personne.
Photo : Didier Rykner
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27. Tout est prétexte à affichage sauvage, sans que cela ne soit jamais nettoyé.
Photo : Didier Rykner
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28. Un exemple particulièrement parlant de ces nouveaux panneaux Clear Channel installés à la va vite...
Photo : Didier Rykner
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29. L’utilité de ce genre de réceptacle, pour recycler le verre, est certaine.
Mais est-ce impossible de faire du mobilier urbain esthétique ? Au moins
celui-ci n’est-il ni tagué, ni recouverts d’affiches. Pour combien de temps ?
Photo : Didier Rykner
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30. Bricolage faisant office de feu de signalisation.
Photo : Didier Rykner
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30. Un autre aspect de la bétonisation de Paris.
Photo : Didier Rykner
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31. Il y avait les « forêts urbaines », il y a désormais les champs urbains.
Bientôt les semailles.
Photo : Didier Rykner
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32. Autre exemple (nous ne les avons pas tous photographiés) de poubelles non ramassées.
Photo : Didier Rykner
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33. Tout est tagué. Jusqu’aux boites aux lettre.
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34. Tags et crasse un peu partout.
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35. Un transformateur, ce n’est déjà pas très beau. Mais tagué...
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36. Des barrières de chantier grises et vertes viennent elles aussi terminer comme déchets sur la voie publique. Et elles peuvent rester des mois comme cela.
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37. Encore un bricolage, pour faire un feu de signalisation...
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38. Ce chantier semble abandonné depuis un peu moins longtemps que les autres.
Suffisamment cependant pour permettre l’affichage sauvage.
Photo : Didier Rykner
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39. Et une autre poubelle non vidée...
Photo : Didier Rykner
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40. Difficile d’imaginer un mobilier urbain plus laid.
Il se combine harmonieusement avec tout un tas de déchets.
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41. Ce serait dommage de se priver d’une vue différente de ce qu’on voyait sur l’illustration précédente.
Photo : Didier Rykner
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Et voilà. Nous avons parcouru le boulevard de Bonne-Nouvelle, et uniquement ce boulevard.