Balade hivernale dans le Paris enchanté d’Anne Hidalgo (2)

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1. Début de notre promenade
Photo : Didier Rykner
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Quelques lecteurs n’apprécient pas nos promenades dans le Paris enchanté d’Anne Hidalgo, considérant que cela sort de notre champ. Beaucoup d’autres en revanche nous les réclament. Nous considérons, pour notre part, que Paris est une œuvre d’art en soi, et que le traitement que lui réserve la mairie la pollue et la vandalise. Il s’agit donc bien de dénoncer des atteintes au patrimoine, heureusement - mais pas toujours - réversibles et il est de notre devoir d’en parler, surtout quelques semaines avant de choisir d’en reprendre pour six ans ou non. Nous avons toujours dénoncé les atteintes au patrimoine, qu’elles viennent de gauche, de droite, du centre ou de la République en Marche. Nous parlons beaucoup de Paris parce qu’elle est la plus grande ville de France et la plus riche en patrimoine, mais aussi parce que nous y vivons et y travaillons. Nous regrettons surtout de ne pas avoir eu l’occasion de parler de Marseille qui ne semble pas dans une meilleure situation que la capitale, avec un maire de l’autre bord politique, mais nous avons écrit sur Perpignan, également une ville à droite, et qui détruit son patrimoine. Comme nous combattons la politique patrimoniale d’Anne Hidalgo, nous combattons celle de Jean-Marc Pujol, et celle de tous les maires qui dénaturent leur ville.

Pour cette promenade (qui fera environ 650 m), nous partons de la rue Coquillère (ill. 1), aux Halles, devant l’église Saint-Eustache. Nous avons déjà à plusieurs reprises parlé de cette église qui, malgré quelques restaurations bien faites, (voir récemment celle-ci) est pour une grande partie en très mauvais état. Mais nous ne reproduirons pas ici une nouvelle fois la façade de l’église pour nous pencher davantage sur l’aspect de la rue.


2. Panneau publicitaire en cours d’installation
Photo : Didier Rykner
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3. Panneau publicitaire en cours d’installation
Photo : Didier Rykner
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Nous commençons donc devant le restaurant Le Pied de Cochon, où l’on peut voir qu’un des nouveaux panneaux publicitaires est en cours d’installation (ill. 2 et 3). Dans tout Paris, ces panneaux ont été installés sans que jamais ou presque le travail ne soit terminé, le bitume n’étant pratiquement jamais remis en place comme nous l’avions montré lors de notre première promenade hivernale.


4. Les Parisiens sont sales, ils ne ramassent pas les sacs poubelles laissés par la mairie de Paris
Photo : Didier Rykner
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Un tout petit peu plus loin, nous voyons un grand classique de la voirie parisienne : des sacs pleins posés à côté des poubelles (ill. 4), sans qu’ils aient été emportés. Outre la vision détestable de ces sacs transparents remplis d’ordures, leur abandon les laisse à la merci des rats qui sont particulièrement nombreux dans ce quartier.


5. Panneau de circulation rue Coquillière
Photo : Didier Rykner
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6. Panneau de circulation rue Coquillière
Photo : Didier Rykner
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Quelques mètres après, voici un panneau de signalisation entièrement recouvert d’autocollants (ill. 5 et 6), encore un phénomène classique qui n’est jamais pris en compte et pour lequel il n’y a jamais ou presque de nettoyage. Une grande partie du mobilier urbain parisien, déjà pas très joli, est couvert de tags et d’autocollants. Nous en verrons encore beaucoup lors de cette promenade. On remarquera aussi la carcasse de vélo qui lui est attachée. Nous ne savons pas depuis combien de temps elle est là, mais gageons qu’en l’absence complète de surveillance et de signalement, elle le restera longtemps.


7. Poubelle au coin de la rue Coquillière et de la rue Jean-Jacques Rousseau
Photo : Didier Rykner
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Il est quasiment impossible de faire plus de quelques mètres sans avoir à nouveau une photo à prendre. Celle-ci est à l’entrée de la rue Jean-Jacques Rousseau (ill. 7), que nous n’emprunterons pas.

Presque arrivé rue du Louvre, nous voyons cette chose qui, contrairement à ce que certains pourraient penser, n’est pas une œuvre d’art, pas un emballage de Christo (ill. 8). Juste un rafistolage qui permet de cacher un feu de signalisation. Pourquoi ? On n’en saura rien.


8. La raison de ceci nous échappe
Photo : Didier Rykner
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9. Installation non terminée de panneau de signalisation
Photo : Didier Rykner
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En face, un panneau de signalisation a été planté entre mai 2019 (date de la dernière photo Google Maps) et aujourd’hui. Comme nous le disions plus haut : le mobilier urbain est désormais installé sans que le bitume soit remis sur la chaussée, ce qui donne un peu partout ces manques sur les trottoirs (ill. 9).


10. Armoire électrique avec tags et affiches sauvages
Photo : Didier Rykner
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Juste au coin de la rue Coquillère et de la rue du Louvre, on peut voir cette armoire électrique (ill. 10) qui, comme toutes celles de Paris, sert de support à de l’affichage sauvage et à des tags sans jamais être nettoyée, et sans que la mairie ne mette en place les conditions nécessaires pour stopper le phénomène.


11. Feu de signalisation (design de la Mairie de Paris)
Photo : Didier Rykner
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Cet élégant petit feu de signalisation (ill. 11), posé sur un parpaing en béton, et entouré de gros papier adhésif, est là depuis au moins mai 2018 (ou plutôt, il semble qu’il ait été changé pour un autre modèle, toujours posé sur un parpaing, toujours entouré d’adhésif) comme on peut le voir sur Google Maps (ill. 12). Deux ans plus tôt il y avait là un feu tricolore de modèle basique certes, mais propre (ill. 13).


12. Feu de signalisation au coin de la rue Coquillière et de la rue du Coq Héron en mai 2018
Photo : Google Maps
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12. Feu de signalisation au coin de la rue Coquillière et de la rue du Coq Héron en 2016
Photo : Google Maps
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En continuant rue Coquillère, on voit une barrière grise et verte posée contre un mur, sans aucune justification, en bas d’un échafaudage d’un chantier de ravalement (ill. 14). Sans doute la mairie n’est-elle pour rien dans ce dispositif agrémenté d’un gros sac de gravats pas évacués et qui va sans doute stagner là plusieurs jours. Elle l’est, en revanche, pour ne rien faire contre cela, qui est pourtant visible par tous.


14. Barrière verte et grise sans utilisation
Photo : Didier Rykner
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16. Hôtel Portalis, avec filets de protection
Photo : Didier Rykner
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Nous arrivons rue Croix-des-Petits-Champs, devant la Banque de France que nous remontons sur la droite, vers la place des Victoires. On observe au passage que ce magnifique bâtiment (ill. 15), l’hôtel Portalis, qui date de 1733 et est inscrit aux monuments historiques, a sa façade couverte de filets depuis 2013 (on peut le voir sur Google Maps), ce qui témoigne de son état précaire. S’il ne s’agit pas d’un bâtiment de la mairie qui n’est donc pas responsable de son état (même si le filet qui empêche les chutes d’éléments architecturaux est un peu un de ses symboles), on peut s’étonner qu’elle n’ait pas exigé comme la loi l’y autorise, la remise en état de cette façade.


16. Arbustes en pots de plastiques
Place des Victoires, ancienne place royale...
Photo : Didier Rykner
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17. Les pots de la place des Victoires servent de poubelle
Photo : Didier Rykner
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La place des Victoires, l’une des places royales parisiennes, est particulièrement mal traitée avec ses arbustes en pots de plastique. Ceux-ci, bien entendu, servent surtout de poubelle sans jamais ou presque être nettoyés (ill. 16 et 17).
Elle est victime aussi, bien sûr, des sacs poubelles non ramassés, mais aussi des travaux interrompus (ill. 18) sans jamais que l’on sache ce qu’on y faisait ni quand cela va être remis en état. En attendant ce chantier sert aussi de poubelle (ill. 19).


18. Mystérieux chantier place des Victoires
Photo : Didier Rykner
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19. Mystérieux chantier-poubelle place des Victoires
Photo : Didier Rykner
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Passée la rue Vide Gousset, nous arrivons devant l’église Notre-Dame-des-Victoires, avec ses bancs tagués (ill. 20), ses pots de plante folles (ill. 21), ses poubelles non vidées (ill. 22)… Quant à la grille de l’église (ill. 23), son état fait peine à voir, rouillée et ayant perdu certaines de ses pointes.


20. Banc tagué place des Victoires
Photo : Didier Rykner
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21. Végétalisation place des Victoires
Photo : Didier Rykner
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22. Poubelles pas ramassées place des Victoires
Photo : Didier Rykner
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23. Grille en mauvais état de l’église Notre-Dame-des-Victoires
Photo : Didier Rykner
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Nous empruntons le passage des Petits Pères où nous passons devant une barrière grise et verte (illl. 24) abandonnée (dira-t-on le drame de ces abandons ?) et un banc tagué (ill. 25), pour prendre la rue de la Banque.


24. Barrière grise et verte abandonnée passage des Petits Pères
Photo : Didier Rykner
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25. Banc tagué passage des Petits Pères
Photo : Didier Rykner
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Les tags sont présents partout à Paris (ill. 26), et là encore la mairie ne fait rien pour contrer ce fléau, quand certaines villes ont fait le choix de nettoyer immédiatement les moindres tags qui apparaissent, ce qui finit par décourager leurs auteurs.


26. Tags rue de la Banque
Photo : Didier Rykner
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27. Barrières en métal abandonnées rue de la Banque
Photo : Didier Rykner
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Nous n’avions pas encore rencontré de ces barrières en métal abandonnées (ill. 27), elles aussi, tout comme les barrières grises et vertes. Rue de la Banque, nous en voyons plusieurs, ainsi qu’un cône blanc et orange, tout seul dans son coin (ill. 28)…


28. Drame de la solitude, rue de la Banque
Photo : Didier Rykner
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29. Rue de la Banque, côté Bourse
Photo : Didier Rykner
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À l’entrée de la rue de la Banque, du côté de la Bourse, nous voyons un autre phénomène fréquent à Paris, ces bornes en plastique censées empêcher les voitures de se garer à certains emplacements et qui finissent inévitablement écrabouillées sans jamais être remis en état (ill. 29).


30. Réverbère ancien place de la Bourse
Photo : Didier Rykner
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31. Réverbère ancien place de la Bourse
Photo : Didier Rykner
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Place de la Bourse - mais c’était vrai aussi, dans une moindre mesure, sur la place des Victoires, les magnifiques réverbères anciens, jamais entretenus, ne sont pas seulement en partie couverts d’autocollants et de tags : ils sont rouillés, parfois de telle manière que leur décor de fonte a disparu (ill. 30 à 35).


32. Réverbère ancien place de la Bourse
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33. Réverbère ancien place de la Bourse
Photo : Didier Rykner
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34. Réverbère ancien place de la Bourse
Photo : Didier Rykner
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35. Réverbère ancien place de la Bourse
Photo : Didier Rykner
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Dans tout ce quartier parisien, non loin de nos bureaux, les poubelles sont ramassées l’après-midi. Résultat : une grande partie de la journée comme nous le voyons ici, les rues sont encombrées de poubelles. On n’est jamais qu’à côté de la Bourse, non loin de la Bibliothèque nationale et du Louvre, dans un quartier qui n’est pas du tout touristique…


36. L’esthétique de la ville selon la Mairie de Paris
Photo : Didier Rykner
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Nous n’en avons encore pas vu souvent, mais ils arrivent, ces gigantesques bacs pour y déposer les déchets à recycler. Ces choses sont installées sans aucun égard pour leur environnement, comme ici avec ce bel immeuble du XIXe siècle (ill. 36). Dans d’autres villes et d’autres pays, ce type de mobilier est enterré.


37. Nous arrivons rue Saint-Marc
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38. Borne Vélib’ refaite deux fois en un an
Photo : Didier Rykner
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Nous sommes presque arrivé au terme de notre magnifique promenade dans le pays magique d’Anne Hidalgo. Au coin de la rue Notre-Dame-des-Victoires et de la rue Saint-Marc, nous voyons une dernière barrière en métal abandonnée (ill. 37). Cette station Vélib’ (ill. 38) avait été refaite au moment du changement d’opérateur. Oui mais, quelques mois plus tard, c’est toute la rue Saint-Marc qui a fait l’objet de travaux. Résultat : à peine terminée, la station Vélib’ a été cassée, puis refaite. C’est cela, une ville écologique et durable.


39. Entrée du passage des Panoramas
Samedi 8 février 2020, 13 h 14
Photo : Didier Rykner
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Nous arrivons devant le 10 rue Saint-Marc, où sont les bureaux de La Tribune de l’Art. Il est environ 13 h 30 samedi 8 février après-midi. On nage dans les poubelles (ill. 39). Paris, poubelle ville du monde.

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