Un portrait d’Antoine-Denis Chaudet par Jeanne-Elisabeth Chaudet pour les Offices

Alexandre Lafore
1. Jeanne-Elisabeth Chaudet (1761-1832)
Portrait d’Antoine-Denis Chaudet, vers 1802
Huile sur toile - 61 x 48,5 cm
Florence, Galerie des Offices
Photo : Orsini arte e libri
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9/10/19 - Acquisition - Florence, Galleria degli Uffizi - Il y a seulement dix jours, le tableau trônait sur le stand de la galerie Orsini à la Biennale des antiquaires de Florence, qui se tenait au Palazzo Corsini (voir l’article) de la ville toscane. Les conservateurs du musée des Offices, qui possède entre autres merveilles une très fameuse collection de portraits d’artistes, n’ont pas manqué de remarquer ce portrait peint (ill. 1) au début du XIXe siècle par Jeanne-Elisabeth Chaudet et en ont rapidement fait l’acquisition. Plus connue pour ses portraits d’enfants dans la lignée de Jean-Baptiste Greuze, prisée des membres de la famille impériale, Jeanne-Elisabeth Gabiou avait épousé son professeur Antoine-Denis Chaudet en 1793. Sculpteur favori de Napoléon mais aussi dessinateur, c’est son premier époux qui serait portraituré dans ce tableau. Cette identification, plausible, s’appuie sur la comparaison avec d’autres effigies attestées de l’artiste comme cette miniature du Louvre (ill. 2) ou ce marbre conservé à l’École des Beaux-Arts (ill. 3). Cependant, comme nous l’a confirmé la spécialiste de l’artiste, Charlotte Foucher Zarmanian, aucun critique ne parle de cette œuvre qui ne figure pas non plus dans les mentions du Salon auquel l’artiste exposa pourtant jusqu’en 1817.


2. Jean-Baptiste Jacques Augustin (1759-1832)
Portrait d’Antoine-Denis Chaudet, 1804
Peinture sur ivoire - 20 x 16 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/M. Beck-Coppola
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3. Achille Joseph Etienne Valois (1785-1862)
Portrait d’Antoine-Denis Chaudet
Marbre blanc - 62 cm
Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts
Photo : RMN-GP/ENSBA
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Peu à peu redécouverte depuis l’exposition décisive de 1974 De David à Delacroix. La Peinture française de 1774 à 1830, Jeanne-Elisabeth Chaudet mena une carrière caractéristique d’une femme artiste post-révolutionnaire mais demeure moins connue que ses consœurs Marguerite Gérard - qui vient de bénéficier d’une solide monographie assortie d’un catalogue raisonné - ou Marie-Guillemine Benoist. Veuve en 1810, elle épousa en secondes noces le financier arrageois Pierre-Arsène-Denis Husson mais mourut du choléra à Paris en 1832. En 1843, son deuxième époux légua au musée de sa ville natale dix tableaux de celle-ci mais neuf (!) d’entre eux ont malheureusement été détruits dans les bombardements d’Arras en juillet 1915, ce qui n’aida pas à une meilleure connaissance de l’artiste... Pour en savoir plus, on peut cependant lire ce très intéressant article de Charlotte Foucher Zarmanian, paru en 2008 dans la revue Histoire de l’Art et disponible en ligne à cette adresse.

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