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Praxitèle

Paris, Musée du Louvre. Du 23 mars au 18 juin 2007.

1. Anonyme, d’après Praxitèle ?
Aphrodite, dite Vénus d’Arles
Marbre - H. 194 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN/H. Lewandowski
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De la main de Praxitèle, on ne conserve rien. Sous l’action du temps et des hommes, comme on dit, son œuvre a presque sombré en totalité. Et ce qui subsiste divise la critique. L’exercice de la rétrospective, dans ces conditions, tient du défi. Celle du Louvre avoue son paradoxe constitutif en confrontant le public, dès la première salle, à deux socles vides. Émotion rare, évidemment, que celle de scruter la signature du grand sculpteur, en petites lettres, gravée sur la paroi de blocs qui portèrent chacun l’une de ses créations évanouies. On peut penser aux fleurs de Mallarmé, absentes de tout bouquet, et dont les mots ne sont que l’incarnation aussi belle qu’imparfaite. Mais, s’agissant de l’Athénien du IVe siècle avant J.-C., l’absence se redouble. La majorité de ses poèmes de marbre et la pléiade de corps qu’il divinisa en toute impudeur, dieux et déesses à forme si humaine, n’ont pas survécu à l’immense succès qu’ils connurent d’emblée. Voilà donc plus de deux mille ans que les hommes s’efforcent d’en ressaisir la perfection à partir de copies, souvent romaines, et des multiples variantes nées de la matrice perdue. Si Platon ne cachait pas son admiration pour la sensualité active dont son illustre contemporain avait doté l’Aphrodite de Cnide, Cicéron et Vitruve, au Ier siècle avant J.-C., participaient déjà au débat sur l’identification des originaux et la valeur des œuvres qui en découlaient. La discussion ne cessa de s’enfler par la suite, notamment après que se fut constituée la science des antiquaires. Mais bien avant eux, bien avant le temps des Winckelmann et des Visconti, les artistes s’étaient emparé de l’héritage de Praxitèle. Mimétisme scolaire ou libre émulation, leur amour des Grecs s’est ainsi transmis jusqu’à nous, en dépit de toutes les révolutions du goût...…

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