La Wallace Collection peut désormais prêter, et faire de grandes expositions

1. Horace Vernet (1789-1863)
La Tunique de Joseph, 1853
Huile sur toile - 138 x 102 cm
Londres, The Wallace Collection
Photo : The Wallace Collection
Voir l´image dans sa page

2/12/19 - Expositions et prêts - Londres, The Wallace Collection - C’est la fin d’un interdit qui durait depuis la création de la Wallace Collection. Elle pourra désormais prêter des œuvres, ce qui semblait pourtant complètement prohibé par Sir Richard Wallace. Il semble qu’il n’en soit rien et que le testament ne soit pas formel sur ce point. C’est en tout cas ce qu’a pu faire constater le musée, et ce qui a été accepté par la Charity Commission, organisme gouvernemental ne répondant pas à un ministère mais directement au Parlement, et qui a pour rôle de réguler les institutions les organismes caritatifs. Le ministère de la Culture britannique (DCMS) a soutenu cette demande. Si l’idée ne nous emballe pas sur le plan des principes (est-ce un bon signal aux donateurs qui souhaitent faire respecter des conditions ?), la perspective de voir, dans certaines expositions, des œuvres provenant de ce musée est assez séduisante. Xavier Bray, le directeur de la Wallace Collection, nous a assuré que les prêts ne seraient accordés que de manière parcimonieuse, pour des projets qui ont un sens. On l’espère et on peut certainement lui faire confiance, mais que se passera-t-il dans cinq ans ou dans dix ans ? En attendant, il est clair que si l’indispensable grande rétrospective Vernet (ill. 1), ou la non moins attendue exposition Decamps avaient lieu, elles pourraient bénéficier de prêts remarquables de cette collection exceptionnelle. Sans compter, bien sûr, les trésors de la peinture ancienne ou du mobilier qu’elle renferme.


2. Vue des nouvelles salles d’exposition de la Wallace Collection
Photo : Didier Rykner
Voir l´image dans sa page

La Wallace Collection n’a plus, finalement, qu’une différence par rapport aux autres musées : elle ne peut pas acquérir, la volonté du donateur semblant sur ce point irréfutable. La collection est fermée et ne doit pas s’accroître. En revanche, l’agrandissement des espaces du sous-sol, aux dépends d’anciennes réserves, lui donne désormais suffisamment de place pour organiser de vraies expositions, qui seront par ailleurs facilitées par la liberté de prêter. Après une exposition Henry Moore que nous n’avons malheureusement pas vue (et qui sortait, quoi qu’il en soit, du champ de La Tribune de l’Art), celle qui ouvre dans deux jours mérite incontestablement une visite (ill. 2). Il s’agit de montrer les œuvres d’ « artistes oubliés » : les peintres indiens de la Compagnie des Indes qui travaillaient à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle dans un style mêlant l’art européen aux traditions locales. On y voit essentiellement des aquarelles, remarquables, représentant des animaux (ill. 3), des plantes, des architectures des portraits… Ces artistes, bien que méconnus, sont très bien représentés dans les collections britanniques, notamment au British Museum et à la British Library. Si l’entrée de la Wallace Collection est gratuite, celle de ces désormais grandes expositions devient payante (comme à la National Gallery).


3. Inde, vers 1780
Cigogne asiatique à bec ouvert dans un paysage
Aquarelle
Collection privée
Photo : Margaret Nimkin
Voir l´image dans sa page

D’autres travaux, moins spectaculaires, sont en cours, notamment la restauration de la façade du musée. Et d’autres encore sont en projet, telle la réfection des éclairages de la peinture française du XIXe siècle à l’étage, qui ne sera pas un luxe tant les tableaux sont parfois difficiles à voir. Incontestablement la Wallace Collection bouge.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.