L’été sera faux

Didier Rykner

Les histoires de tableaux de maître achetés pour rien et qui valent une fortune existent, et sont même assez fréquentes, mais elles ne font que rarement la une des journaux, leurs heureux acheteurs préférant rester discret. On les comprend : ils risqueraient de se faire confisquer leur légitime acquisition par la justice. En revanche, lorsqu’il s’agit d’œuvres très moches, soi disant attribuées à un grand peintre, et qui vaudraient plusieurs dizaines de millions d’euros, les articles ne sont pas rares. Mais cela faisait longtemps qu’on n’avait pas lu une histoire aussi grotesque que celle de ce « Rembrandt » acheté 500 euros et qui en vaudrait 30 millions.



Panneau peint représentant le Christ présenté (sans rire) par de nombreux journaux comme un Rembrandt...
D’après une copie écran BFMTV
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On s’interroge tout de même sur les journalistes, et les journaux qui osent sortir ce genre d’informations. Car l’œuvre, dont nous n’avions pas vu encore à quoi elle ressemblait (dans beaucoup de journaux l’illustration ne correspondait pas), est tout simplement, n’ayons pas peur des mots, une vraie croûte. Peut-être du XVIIe siècle, certainement pas hollandaise, mais une croûte dont à vrai dire on se moque complètement de l’origine, et dont on ne voudrait pas même pour 500 euros. Il est vrai que c’est l’été, mais entre ça, le confinement de Notre-Dame (voir l’article) et les mensonges du Louvre, repris par certains comme une vérité établie, prétendant que la plupart des grands musées pratiquent la réservation obligatoire pour tous (article à venir), la quantité d’âneries que l’on entend un peu partout cet été dès qu’il s’agit d’art ou de patrimoine se situe tout de même à un niveau inégalé.

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