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L’Âge d’or de la peinture danoise (1801-1864)

Paris, Petit Palais Du 22 septembre 2020 au 3 janvier 2021 (si l’exposition n’est pas prolongée en raison du confinement).
Précédemment au Nationalmuseum à Stockholm du 28 février au 21 juillet 2019, et au Statens Museum for Kunst à Copenhague du 24 août au 8 décembre 2019

Boursouflé, le mur, boursouflé, le genou, les sujets des peintures sont parfois incongrus (ill. 1 et 2). Wilhelm Bendz décrit avec une curiosité scientifique une jambe déformée par une tumeur de la regio patellaris, tandis que Christen Dalsgaard réduit sa toile à un camaïeu de blanc sale, de beige et de brun, rythmé de lignes droites, transformant en œuvre d’art - presque abstraite - un mur à colombages dont la chaux s’écaille et cloque, dont le bois semble rongé, et qui se dresse sur un sol fendu.


1. Christen Dalsgaard (1924-1907)
Mur à colombages enduit à la chaux, 1859
Huile sur toile - 33 x 46 cm
Collection particulière
Photo : bbsg
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2. Wilhelm Bendz (1804-1832)
Tumeur de la regio patellaris, 1829
Huile sur toile - 30,5 x 47 cm
Copenhague, Musée d’Histoire de la médecine
Photo : bbsg
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Skovgaard peignit des corniches pourries, Lundbye des bouses de vaches et des tas de fumier. Outre le sujet, c’est aussi le cadrage qui fait l’audace d’une peinture. Købke choisit de représenter, sur un grand format réservé à la peinture d’histoire, des conduits de cheminée sur le toit d’un château, Frederiksborg, que d’autres peintres préfèrent montrer plus logiquement dans toute sa monumentalité (ill. 3) . L’œil d’aujourd’hui, habitué à la photographie et aux images aériennes, n’est pas tellement choqué par cette vue à la fois tronquée et panoramique, alors que la critique de l’époque fustigea ces motifs fragmentaires surdimensionnés.


3. Christen Købke (1810 - 1848)
Une des petites tours du château de Frederiksborg, vers 1834-1835
Huile sur toile - 177 x 162 cm
Copenhague, Designmuseum Danmark
Photo : Designmuseum / Pernille Klemp
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4. Constantin Hansen (1804-1880)
Petite fille, Elise Købke, avec une tasse, 1850.
Huile sur toile - 39 x 35,5 cm
Copenhague, Statens Museum for Kunst
Photo : SMK Photo/Jakob Skou-Hansen
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Le Petit Palais déploie ainsi une série de peintures d’une modernité certaine au milieu de toiles plus attendues, mais indéniablement séduisantes, de touchants portraits d’enfants trop sages (ill. 4), des paysages paisibles et lumineux (ill. 5 et 6), des scènes de rue drolatiques ou intrigantes, comme cette composition d’Eckersberg qui montre une porte ouverte sur la rue ; des gens se pressent dans la même direction, observant un événement invisible du spectateur.

Après les Suédois Carl Larsson en 2014 (voir l’article) et Anders Zorn en 2017 (voir l’article), le musée consacre donc une merveilleuse exposition à l’Âge d’or danois. Espérons qu’elle soit encore visible après le confinement. Si cette production a été mise en valeur en France ces dernières années [1] à Roubaix en 2014 (voir l’article), et à la Fondation Custodia en 2016 (voir l’article), la présentation du Petit Palais est exceptionnelle par le nombre et la qualité des œuvres réunies, au point…

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