Deux tableaux de Caillebotte classés trésors nationaux

12/2/19 - Trésors nationaux - Refus de certificat - Nous écrivions en 2014, à propos du Canotier au chapeau haut de forme présenté à l’exposition Caillebotte qui avait été organisée par la Maison Caillebotte à Yerres (voir l’article) : « Ce qui est certain, quoi qu’il en soit, c’est qu’une autre peinture exposée dans cette salle, le Canotier au chapeau haut de forme ne devra sous aucun prétexte quitter la France s’il est un jour vendu. » Nous y voici donc, puisque le journal officiel daté du 12 février a annoncé son classement trésor national. Ce tableau (ill. 1) est en effet, indiscutablement, l’un des chefs-d’œuvre de la peinture impressionniste, où l’artiste témoigne de son art extraordinaire du cadrage, qu’on retrouve dans des toiles comme les Raboteurs de parquet d’Orsay, Le Pont de l’Europe du Kimbell Art Museum ou encore (ce ne sont que quelques exemples) celle acquise par le Van Gogh Museum il y a presque vingt ans (voir la brève du 14/11/03).


1. Gustave Caillebotte (1848-1894)
Partie de bateau, dit Canotier au chapeau haut de forme, vers 1877-1878
Huile sur toile - 90 x 117 cm
Collection particulière
Photo : Wikimedia (domaine public)
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Le grand département en charge des peintures de la seconde moitié du XIXe siècle, qui délivre ou refuse temporairement les certificat d’exportation, est le Musée d’Orsay. Contrairement au Louvre où le président-directeur n’a (théoriquement) aucun rôle dans le classement trésor national, à Orsay c’est bien la présidente du musée, c’est-à-dire Laurence des Cars, qui est en charge de cette mission. Elle a donc parfaitement joué son rôle tant cette toile est, indiscutablement, un trésor national.


2. Gustave Caillebotte (1848-1894)
Le Déjeuner, 1876
Huile sur toile - 52 x 75 cm
Collection particulière
Photo : Wikimedia (domaine public)
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Elle a ajouté à ce Canotier un autre tableau, désormais lui aussi interdit de sortie pendant 30 mois, Le Déjeuner (ill. 2). Nous nous contenterons de citer ici l’argumentaire qui se trouve dans l’arrêté refusant le certificat d’exportation : « ce tableau, par son sujet, sa grande qualité d’exécution, son traitement novateur et sa place dans la carrière de Caillebotte, constituant une œuvre pionnière, qui annonce des compositions de la fin du siècle d’autres peintres, telles que La salle à manger de Paul Signac (1886-1887, musée Kröller-Müller), et représentant un manifeste des ambitions affichées par le jeune artiste lors de sa première participation à une exposition impressionniste en 1876, où cette toile était présentée en même temps que les Raboteurs de parquets, qu’elle a vocation à rejoindre dans les collections publiques françaises. »

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