Deux acquisitions pour Bilbao : une sculpture de Gargallo et une peinture de Guiard

1. Pablo Gargallo (1881-1934)
Portrait de Picasso, 1913
Terre cuite - 21 x 20 x 19 cm
Bilbao, Musée des Beaux-Arts
Photo : Museo de Bellas Artes de Bilbao
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11/2/19 - Acquisitions - Bilbao, Museo de Bellas Artes - Une mèche sur le front, un sourire au coin des lèvres, le sculpteur Pablo Gargallo a su par deux détails croquer son ami Picasso (ill. 1). Ce portrait en terre cuite, réalisé en 1913, a été donné au Musée des Beaux-Arts de Bilbao par la Fundación Hermanos Zubiaurre en 2019. L’œuvre appartenait au grand-père des donateurs, Ricardo Gutiérrez Abascal, également connu sous le pseudonyme de Juan de la Encina, qui fut critique d’art et directeur du Musée d’Art moderne de Madrid ; il consacra une exposition au sculpteur un an après la mort de celui-ci, en 1935.

Gargallo se forma à l’École des Beaux-Arts de Barcelone. Il fit plusieurs allers et retours à Paris, séjournant à Montmartre, puis à Montparnasse, et finit par s’installer en France en 1924.
À Barcelone il fréquenta le fameux café Els Quatre Gats où il se lia d’amitié avec Picasso notamment, qu’il retrouva à Paris, avec l’écrivain Ramon Reventós ou encore avec le peintre Isidre Nonell. Ce sont eux trois qu’il représenta en 1904 sur les bas-reliefs qui ornent la façade du théâtre Bosc, au côté de son autoportrait ; quatre visages fixés avec ce sens de la synthèse qui frôle la caricature. Le portrait de Picasso qu’il sculpta en 1913 reprend d’ailleurs les traits du bas-relief. Il réalisa d’abord une version en pierre conservée au Musée de Catalogne. Une deuxième terre cuite, comme celle-ci, se trouve au Musée du Céret, et plusieurs versions en bronze sont connues, l’une d’elles au Centre Pompidou.
Gargallo n’abandonna pas totalement ni la sculpture de la pierre, ni les références à des modèles classiques. Mais c’est par son travail du métal qu’il s’imposa sur la scène artistique : il martela, façonna, découpa le cuivre, le fer, le plomb pour former des volumes en creux, et créer des formes par les vides autant que par les pleins. Il commença par une série de masques et de têtes concaves, puis confectionna des figures entières.
Le musée possède deux bronzes de Gargallo : Grand Prophète (1933) et Torse de Femme (1934).

2. Adolfo Guiard (1860-1916)
Villageois de Bakio, 1888
Huile sur toile - 127 x 76.2 cm
Bilbao, Musée des Beaux-Arts
Photo : Museo de Bellas Artes de Bilbao
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Les collections ont en outre été enrichies en 2018 d’un tableau d’Adolfo Guiard, Villageois de Bakio, issu d’une collection particulière américaine (ill. 2). Né à Bilbao, fils d’un photographe français, l’artiste se forma d’abord auprès d’Antonio Lecuona, peintre de scènes populaires, puis à Barcelone auprès de Ramon Martí i Alsin. Il partit pour Paris en 1878, s’inscrivit à l’Académie Calarossi où il suivit les leçons de Léon Glaize, et se rapprocha d’Edgar Degas. Il gagna sa vie en fournissant des dessins pour la revue La Vie Moderne. Il fut influencé par l’impressionnisme, mais continua à exposer au Salon entre 1881 et 1884 dans l’espoir de mener une carrière officielle. Enfin, il revint à Bilbao en 1886 et partit à la découverte de la côte basque, séjournant notamment à Baskio. Le peintre privilégia les représentations de travailleurs et les scènes de village, leur conférant une dignité tranquille.
Le tableau Villageois de Bakio occupe une place importante dans la carrière de Guiard : la composition est clairement définie par le trait, pourtant la touche fut considérée comme impressionniste et suscita une controverse lorsque la toile fut exposée dans une galerie de Bilbao en 1888. L’écrivain Nicolás de Viar en fit l’éloge, le poète Antonio Trueba la critiqua, Miguel de Unamuno salua le travail de l’artiste.
Cette peinture retrouve dans les collections plusieurs œuvres de Guiard, telles que La Promesse ou La Petite villageoise à l’œillet rouge dans lesquelles on retrouve ces harmonies de bleus et de verts.

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